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Where is Flash ?

01 Premiere Ligne
02Apollon, Part. I
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03Steak une histoire
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T'es bleu
Tu as juste gémi au contact du chaud
On t'a manipulé des deux cotés
Sur un petit réchaud
T'es bleu
Quand on n'a pas encore confiance
Qu'on te regarde avec défiance
Même pas encore assez d'expérience

T'es saignant
Quand enfin tu ressens
L'action des autres sur toi
Leur violence leur ego solitaire
leurs tendresses salutaires

T'es saignant quand tu saignes
Jeune fille
Comme le cœur des jeunes hommes saigne
Du sang de la révolte
Quand tu souhaites un monde
à 220 mille volts
Réveillé du cauchemar halluciné
Qu'est le réel-canular
D'une vie allo-ciné

T'es cuit
Quand tu crois qu'le bonheur
C'est d'se coucher d'bonne heure
T'es cuit
si tu reposes ton âme
Pour être frais et dispo
Pour reprendre le labeur
T'es cuit
Même si tu évites le bistrot
pour toujours être à l'heure
Même si t'arrives trempé
T'es cuit
Si tu reposes en paix
Au paradis des travailleurs
Mort avant même d'avoir atteint
Tes soixante deux ans
Soixante deux dents
Soixante dedans
Quarante dehors
Degrés à l'ombre de l'effort
Caniculaire funambule
T'es cuit si tu y réfléchis
Tu éteins
T'es cuit
Avant même d'avoir réglé la chaleur de la cuisson

Avant d'avoir la compréhension
Des casseroles que tu traines
Par centaines

T'es cuit si ton élocution
Te permet pas de raconter
Sans qu'tu t'entraines
Les conditions
Qui sont les tiennes
T'es à point
Quant tu as compris que ceux qui tuent
Au nom de la loi
Quelle qu'elle soit
Sont tristes comme des statues

T'es à point
Quand le bruissement d'une feuille te fait rire
Ou pire - ou mieux
T'es à point
Quand tu respires l'épanouissement de la vie que tu le veuilles ou non

T'es cramé
A la fin
Quand il n'y a plus d'autre activité
Qu'un atelier de macramé
Au foyer discret de la villa cachée
T'es cramé

(Steak une histoire)
Mais bon steak une histoire
04La Lune La Lune j'veux la
lune
J'veux
J'veux la lune.
Il pleut pas

Sur la lune
Et là jamais de vent
Devant derrière une face différente
Pas de vent pas de pluie pas d'érosion des sentiments
alors la lune montre ses traces
avec une franchise insolente
J'veux la
La franchise de la lune
La vérité des blessures lasses
Là sur la lune des impacts
La terre érodée sans cratères
Ne peut rien y faire
Elle n'aura jamais
Le masque direct.
La face inerte
De la lune j'veux là
De la lune j'veux la face entière
Petite soeur vitesse indolente
Qui me fait marée
J'veux.
Au contraire :
Terre maquillée qui oublie ses impacts
Pour pactiser avec les uns
Et cacher ses bosselures sous des forêts d'effusions
Oublier fusion de soeur-lune
Oublier hystériques moments
Des uns des unes
J'veux
Oh oui je veux la lune
A chaque instant
Je veux être con comme la lune
Pour qu'on m'évite
Ou qu'on sourie
Pendant qu'elle lévite, grise souris.
Je veux être dans la lune
Pour qu'on pardonne
Ou qu'on sourie
Pendant que j'oublie ce que Terre donne
Ou bien que je me rappelle ce que lune a vécu
J'veux
Visiter la banlieue de notre espace
J'sais pas ce qui s'y passe
Quoique finalement si j'y pense
Pas de feu, pas de vent, pas de son
Pas de feu bon sang !
Pas d'air pas de sens sauf un
Le froid qui te glace le sang
J'veux pas qu'on m'envoie sur la lune
C'était juste une figure de style
Une petite lueur qu'on allume
L'atterrissage laisse-t-il intact ?
Ou bien soulève-t-il
Un peu de cette poussière grise
Matière insignifiante éprise
De liens insondables.
Car c'est une partie de nous, de moi de toi
Qui gravite
En orbite
Au dessus de nos toits
J'veux la lune
Pas pour y planter mes murs
Juste pour ses silences qui durent
Autant que souvenir de toi
J'veux la lune
Comme petite soeur à moi
Pour me sentir six fois plus léger
Et j'espère six fois moins lourd
Malgré la même masse
De souvenirs amassés

Je veux trekker dans la mer de la Tranquillité
Glisser sur des pentes de cendres
Je veux descendre
dans les canyons oubliés
de notre satellite fidèle
Dévaler vers les laves figées de Lune
Notre Vésuve, notre île
Notre louve stérile
Notre muse immobile

Je veux seulement la lune.
05Demoniak
06Qui aurait pu ?
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Qui aurait pu deviner
Que je puisse me satisfaire de silences
Qui aurait pu deviner
Que je puisse accepter ton absence

Qui aurait pu prévoir
Cette rupture sans heurt
Qui aurait pu savoir
Pour ce grand écart du coeur

A nous voir unis uniquement
Soudés soudain soudés souvent
A nous entendre simplement
Raconter un espoir naissant
Qui aurait pu deviner
Que je puisse me repaitre de silences
Qui aurait pu deviner
Que je puisse souhaiter ton absence

Qui aurait pu prévoir
Cette rupture sans heurt
Qui aurait pu savoir
Pour ce grand écart du coeur

A comprendre l'exigence
De deux trajets sans négligences
Insouciants de l'indigence
Offrant à l'art toute allégeance

Qui aurait pu deviner
L'anomalie de l'univers
Qui aurait pu prévoir
Un si mortel hiver
07Kalimba
08Quoi Quoi ? Elle veut me séduire ?
Je resterai de marbre
Et voilà que je trique
Dur comme une brique
Droit comme un arbre

Quoi ? Elle veut me faire craquer ?
Je resterai de glace
Et voilà qu'elle m'embrasse
Que je l'enlace
Je fonds de guerre lasse

Quoi ? Elle veut m'apprivoiser ?
Je serai indomptable
Et voilà que misérable
Je donne la patte
Elle m'appâte
Je mords comme un con à l'hameçon
Intolérable !

Quoi ? Elle veut me quitter ?

Quoi ? Elle veut revenir ?
Quoi ? Elle est repartie ?
09What Udu
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10Comment
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Comment vous dire ?
Comment dire ?
Comment ?

Ce n'est pas seulement le choix de mot précis
Ou même l'attention de vos corps assis
Ni le sujet qui s'en soucie ?

Comment expliquer le propos
Sans avoir l'air de la jouer pipeau
Ou pire : people

Vos oreilles semblent honnêtes
Mais honnête ment
Parfois

Je pourrais tricher ce soir
Et user d'artifice interdits
En slam pas d'accessoires
Mais j'ai ma feuille, dis !
Si je la tourne d'un quart
Ce ne sont plus des mots
Mais le skydeck de Chicago
La tour noire Hancock fière et presque seule au nord veillant sur Michigan Lake

La Sears Tower Ecrasante autant par majesté ducale
que par l'inquiétude de voir s'effondrer ce château de livres sortis d'improbables bibliothèques
D'ouvrages de cuir brunis entassés par un gosse dément
En un ouvrage dantesque dangereusement vertical
Et peut être bancal ?


Peut
Etre Une roue
tourne sur la
Place à la fontaine
Où un noir malin
M'a un jour vendu
Pour 1 dollar
Un newspaper
gratuit


Comment vous dire ?
Comment dire ?
Comment ?
Ce n'est pas du théâtre en ville
Pas du vaudeville

Ou alors montrez moi ma loge
Mon costume, ma toge
Et le metteur en scène où est-il encore celui là ?
Et même subventionné vous auriez payé plus cher pour entrer.

Vous allez me dire
Comment vous dire ?
Comment dire ?
Comment ?
Ce n'est pas la question
Il faudrait du sens, attention
Alors je sortirai ma baguette de slameur (mon stylo, mon marqueur)
Et je lancerai un sot mot lent magique
Comme un petit enchanteur à la croix de bois
Par exemple une phrase qui se lirait dans les deux sens

Le tout en moins d'une heure !

Eloquence par maitrise est conscience en Soi
qui donne dans l'autre sens
Soi en conscience, est maitrise par éloquence

Quoi, ce n'est pas de ce sens là que vous parliez ?
Pourtant, sens sans conscience n'est que destin obstiné
Et mon verbe échoue. Tant pis j'en ai d'autres
Tapis dans les replis gris de circonvolutions
Douteuses et ténébreuses de mon cerveau lent

Prêtes
à s'élever
doucement
11Orage d'été
12Froid Là,
Je te parle de quoi ?
Là !
D'un malaise
Un sentiment inconfortable
D'une impuissance, d'un blocage
Comme dans un rêve insupportable
Prisonnier dans sa cage
Là,
Je te parle de quoi ?
Là ?

D'un visage fermé
Hostile
D'une mine au style égaré

D'une partie de cache-cache
Mais tu t'éloignes
Tu glisses
Neige tant vécues
Que pour cet infâme Il

Je te parle de froid

D'engelures douloureuses
Et de rides profondes
De températures affreuses
ça pèle tant c'est immonde

Là je te parle de colères
Et d'amis qui se fâchent
Trahisons adultères
Souillures & taches
J'en ai la chair de pôle
J'en ai la chair de pôle
Ma peau vire au bleu pâle,
Envie d'alcool

Un verre glacé qui coule
Aquavit vitev Ivresse folle
Pour combattre l'engourdissement
Ou pire l'indifférence
L'abrutissement, l'absence
Quand tous tes sens émoussés
Font de toi
Un con gelé

Je te parle de quoi ?
Je te parle de froid
Mais
A quoi bon être volubile
ça ne te fait rien, tu restes immobile
Frigide rigide
Comme un avion sans réaction

Tu me jettes ?
Un sort
Tu me jettes ?
Un froid

D'accord blue note cruelle, glaciale
Adieu belle vestale
Je n'en resterai pas

13Incomplétude
14G, Point Barre Y'avait ce type pas fréquentable
On devinait ses traits inhabituels
Derrières des volutes grises et instables
Un portrait, un masque rituel

Il ne chantait même pas
Son barratin il le lâchait
Comme on se débarasserait
D'un corps passé à trépas

Toujours là où on ne l'attend pas
A brailler une marseillaise
A trouver dans la pampa
Une mélodie javanaise

En reggae ou en polka
Y'avait ce chanteur indolent
Tablas hindoues au rythme lent
Imbibées de legendes et de vodka

Un type amoureux des mots sots
Des lettres sans fautes
Amoroso
Photogénique au génies so...

Franchissant la barrière des langues
Vitupérant comme une vipère
Ou lancinant dans ses harrangues

Y'avait cet autodestructif
Supernova et innovant
Ecrivain des plus instructifs
Parolier des plus émouvants

Y'avait ce phare éternel
Attirant dans ses traits brillants
Les moins farouches des infirmières
Pour des rituels insolents

Il ne clope ni ne bois plus
Il ne clope ni ne bois plus

T'inquiète pas
Là haut dans le panache
De ta fumée blanche
Foi d'apache du dimanche :
Tu peux reposer ton ego
Ta mémoire on'la jetera pas
Comme un mégot

15Dernière Ligne
 
Credits
Jeronimot : slam poetry, synths, kalimba, udu, melodica, piano, guiro, cajon, derbouka, shakers
Laurent Ghenin : Tablas, cajon, flute (1,6,8)
Pier Doer : Cajon (4)
Percy Louis : Bass guitar (4)
 
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Electroslam@slamenco.com